ZES: Michel Djombo veut transformer les ZES en moteurs réels de l’industrialisation
Publié il y a 10 jour(s)
Louis Jean-Jacques KABA
À Brazzaville, le ton est donné. À peine installé, le nouveau ministre en charge du Développement industriel et des Zones économiques spéciales, Michel Djombo, affiche une ligne claire : passer enfin des discours aux résultats concrets.
Lors de la passation de service du 27 avril avec son prédécesseur Jean-Marc Thystère Tchicaya, le message a été sans détour : les ZES ne doivent plus être des projets en attente, mais de véritables plateformes de production, capables de générer investissements, emplois et valeur ajoutée. L’objectif est assumé, faire des Zones économiques spéciales le bras opérationnel de la politique industrielle congolaise.
Dans cette dynamique, le ministre s’inscrit dans la vision du chef de l’État, Denis Sassou N’Guesso, qui a fait le choix stratégique de regrouper l’industrie et les ZES au sein d’un même département. Une réforme qui vise à corriger les incohérences passées et à créer un véritable levier de transformation économique.
Mais au-delà des intentions, Michel Djombo met le doigt sur un verrou bien connu : le foncier. Pour lui, sans sécurité juridique et sans maîtrise des espaces industriels, aucune ZES ne peut réellement attirer des investisseurs crédibles. D’où sa volonté de travailler en synergie avec son prédécesseur, désormais en charge des Affaires foncières, afin de sécuriser les bases du développement industriel.
Sur le terrain, il hérite d’un chantier déjà engagé depuis 2009, avec des zones identifiées à Ouesso, Oyo-Ollombo, Igné et Pointe-Noire. Son défi sera donc double : consolider les acquis (cadre légal, projets structurants, partenariats public-privé) tout en accélérant la mise en exploitation effective de ces zones.
Conscient de la pression politique et sociale, le nouveau ministre promet discipline, engagement et résultats mesurables, en phase avec le programme présidentiel « Accélérons la marche vers le développement ». Il appelle également ses équipes à rompre avec les logiques administratives lentes pour adopter une approche orientée performance.
En toile de fond, l’enjeu est majeur : diversifier l’économie congolaise, réduire la dépendance aux matières premières et renforcer la souveraineté économique du pays.
Le cap est fixé. Reste désormais à voir si cette volonté politique se traduira enfin en transformation industrielle tangible.